Conseil de l'Europe

APCE: Extrait du débat du mardi 2 octobre 2012 portant sur la Russie

LE PRÉSIDENT – La parole est à Mme Durrieu.
Mme DURRIEU  – Je voudrais aussi remercier les rapporteurs, et m’adresser à M. Pushkov pour lui dire qu’il n’y a aucune discrimination contre la Russie : si vous deviez ramener ce message à Moscou, vous auriez tort. La Russie, ici, ne compte que des amis, mais excusez tout de même les parlementaires que nous sommes de vouloir avoir une vision objective et momentanée de la situation. Je vous demande de croire que nous sommes nombreux à penser que nous attendons que votre grand pays, tant par sa taille que par tout ce qu’il représente dans l’histoire, devienne un grand acteur. Il ne l’est pas encore. Nous souhaitons qu’il devienne un vrai partenaire. Il ne l’est pas encore, et c’est dommage. Nous souhaitons qu’il s’engage sur la voie de la démocratie puisque nous sommes ici pour le dire et accompagner les différents pays, quels qu’ils soient, même les plus anciens.
Incontestablement, aujourd’hui, certains éléments et une série de lois attentatoires aux libertés, préoccupent le Secrétaire Général, qui a exprimé son inquiétude. Je reviendrai rapidement sur ce qui est arrivé au député Gudkov. Ancien colonel du KGB, il a manifesté et a été privé de son mandat de député en juillet et destitué en août ! Dans un débat que nous aurons tout à l’heure, nous nous demanderons si, dans une démarche démocratique, cela est acceptable. La réponse est non. N’est-ce pas l’une des raisons de la non-venue du Président de la Douma, auquel nous n’aurions pas manqué de poser la question ?
Au plan international, face au problème de la Syrie et du Moyen-Orient, on note une grande prudence de la part de la Russie. Elle avait peut-être raison, probablement raison. Mais aujourd’hui, à l’instant, à la lueur de la situation et des massacres, la Syrie est votre alliée. Votre vision de la situation est froide, elle est analysée à la l’aune des conséquences : on ne veut pas d’islamistes à Damas parce que l’on ne veut pas d’islamistes au Daghestan et en Tchétchénie. Vous avez le droit de le dire, mais curieusement, vous alimentez ce conflit : les armes sont russes et peut-être aussi les conseillers militaires. Étrangement, le conflit en Syrie ressemble à celui de la Tchétchénie.
On n’a jamais autant parlé ici des conflits gelés. On en parle, et tant mieux, car cela veut dire que le débat va finir par s’engager. Vous êtes acteurs dans la plupart de ces pays. Rien ne sera résolu sans votre volonté. Alors, quand vous parlez d’ingérence des puissances occidentales en Syrie, je me dis qu’effectivement, il y a une certaine ingérence de la Russie en Géorgie et en République de Moldova.
J’aurais pu parler de l’OMC. Vous y êtes entrés, après de longues négociations, mais cela implique des exigences : Gazprom ne peut pas exercer de monopole sur la distribution, le transport, l’alimentation et les prix. Le malaise est aujourd’hui profond, nous avons des doutes en ce moment. Nous souhaitons réellement – et c’est un message d’espoir et de confiance – que la Russie devienne ce grand partenaire dont l’Europe a besoin.
Le débat intégral: http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/Records/2012/F/1210021000F.htm



 

Compte rendu de la mission de Josette DURRIEU en Russie

Dans le cadre des élections présidentielles du 4 mars 2012 pour le Président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense
--------
Josette DURRIEU - Observateur du Conseil de l’Europe et de l’OSCE.

J’avais précédemment observé, au titre du Conseil de l’Europe et de l’OSCE, les élections législatives du mois de décembre 2011. J’avais pu personnellement et directement faire état de fraudes tant au niveau des bourrages des urnes constatés dès le matin, que des dépouillements. Ces fraudes ont été dénoncées.

Lire la suite...

   

Mission d'observation de l'élection présidentielle en Russie du 4 mars 2012. Témoignage de Josette Durrieu, membre du Conseil de l'Europe.

   

La Russie selon Poutine

A un mois de l'élection présidentielle russe la victoire de Vladimir Poutine ne fait aucun doute. Pourtant les manifestations de l'opposition sont sans précédent depuis la chute de l'URSS. Comment Vladimir Poutine se maintient-il au pouvoir depuis plus de dix ans ? Quelle relation le lie à Dimitri Medvedev ? Quel est l'état de la Russie aujourd'hui ? Quels sont les enjeux de l'élection présidentielle ?
Vidéo du débat sur Public Sénat avec Josette Durrieu
   
   

Page 5 sur 5

<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 Suivant > Fin >>