APCE - Intervention de Mme Durrieu

SESSION ORDINAIRE DE 2015

COMPTE RENDU - Lundi 26 janvier 2015 - 15 heures
-- 
Rapport d’activité du Bureau et de la Commission permanente
et observation d’élections


Mme DURRIEU (France) – La Moldova, ce petit pays qui nous est cher, enclavé et amputé d’une partie de son territoire – la Transnistrie, gangrénée par la corruption –, à la recherche d’une stabilité intérieure sans jamais pour autant sombrer dans le chaos, a un positionnement à la fois géographique et stratégique important.

S’agissant des dernières élections, les partis pro-européens – le Parti démocrate et le Parti libéral-démocrate –, qui ont obtenu une majorité relative, 42 sièges sur 101, ont constitué une coalition ; celle-ci porte le nom de « Pour une Moldova européenne ». Le président du Parlement a été élu – il est membre du Parti démocrate –, ainsi que les deux vice-présidents – un communiste et un libéral-démocrate. La coalition a donc le soutien du Parti communiste sans que ce dernier fasse partie de la coalition et malgré le fait qu’il soit le perdant de cette élection. Le véritable gagnant étant le parti des socialistes pro-russes, qui a obtenu 20 % des suffrages et qui constitue donc l’opposition.


La question est de savoir si ce pays réussira, enfin, à changer sa Constitution, afin de pouvoir élire son Président de la République. A défaut, l’instabilité politique deviendrait chronique. Rien n’est gagné, mais nous devons noter des avancées intéressantes.

L’accord d’association, qui a été évoqué tout à l’heure et qui a été signé à Vilnius par la Moldova et la Géorgie – mais pas par l’Ukraine – est aujourd’hui ratifié par 12 pays. Ce partenariat choisi avec l’Union européenne n’exclut absolument pas les relations avec la Russie. Je dirais même, compte tenu de l’Histoire, que les relations avec ce puissant voisin vont de soi.

J’ai entendu notre collègue Zuiganov, membre du Conseil de l'Europe depuis un grand nombre d’années et secrétaire général du Parti communiste, qui a prononcé un mot essentiel : partenariat. Oui, quand allons-nous arriver à globaliser notre réflexion pour bien définir nos relations avec la Russie ? C’est essentiel.

La Transnistrie, c’était il y a 20 ans, la Géorgie, une dizaine d’années, la Crimée, ce n’est pas vieux, Donetsk, c’était avant-hier, Marioupol, aujourd’hui… attention, Odessa n’est pas loin, la Gagaouzie non plus. Oui, il faut un partenariat avec la Russie.

Et si vous me demandez si les Moldoves ont peur, je vous répondrai que oui, les Moldoves ont peur. Donc incluons tout cela dans notre débat de demain : partenariat avec la Russie dans une redéfinition globale de nos relations.