STRASBOURG – ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE

SESSION ORDINAIRE DE JUIN 2013 
COMPTE RENDU DE LA XXIe SEANCE


Mardi 25 juin 2013

Situation au Proche-Orient


Mme DURRIEU (France), porte-parole du Groupe socialiste
– Monsieur le rapporteur, cher Pietro, merci pour ce rapport qui est votre dernier ici.

On ne peut pas ne pas évoquer le problème de la Syrie, où la situation s’est aggravée. Nous sommes contraints de nous poser un certain nombre de questions : comment éviter une fin dramatique ? Comment sortir de ce face-à-face entre la Russie et l’Occident, entre l’Iran et les pays du Golfe ? Comment faire en sorte que l’Iran, qui n’a pas changé de régime, mais qui a changé d’homme et peut-être d’époque, puisse s’ouvrir au dialogue afin de sortir de la situation actuelle ?

Le conflit israélo-palestinien dure depuis 60 ans. Une fois que l’on a posé un principe intangible, à savoir l’existence et la sécurité d’Israël, cela autorise-t-il ce pays à transgresser tous les droits et à poursuivre sa politique d’occupation et de colonisation de la terre palestinienne ? La réponse est non.

 

Nous sommes donc dans une impasse. Or le statu quo est aussi une stratégie. Rien ne bouge alors qu’il y a des éléments nouveaux : un nouveau gouvernement en Israël, un nouveau Premier ministre en Palestine, un nouveau président aux Etats-Unis, sans oublier les révolutions arabes, le conflit en Syrie et des changements en Iran. Un diplomate a eu la formule suivante : « Israël veut des négociations sans paix et les Palestiniens veulent la paix sans négociations. » Je ne voudrais pas que cela se révèle exact.

Y a-t-il un avenir ? Oui : deux Etats démocratiques et pluralistes, selon la formule de notre rapporteur. Nous soutenons par conséquent la relance des négociations directes. Les socialistes soutiennent les efforts en cours de John Kerry. Nous saluons la retenue momentanée et éminemment responsable des deux parties – un gel relatif de la colonisation, du côté d’Israël, et, de l’autre, pas d’initiative palestinienne devant les instances internationales, en particulier les Nations Unies. Nous voulons croire à la paix pour tous ; nous voulons la paix pour Israël avec tous les pays arabes.
 

Évaluation du partenariat pour la démocratie concernant le parlement du Maroc

Mme DURRIEU (France) – Je salue la délégation marocaine et le président de la Chambre des représentants.

Le Maroc est partenaire pour la démocratie. J’ai été le premier rapporteur en 2003 sur le rapprochement avec le Maroc. J’avais pris l’initiative de solliciter ce rapprochement. Dix ans plus tard, vous êtes là, et nous en sommes heureux. De nombreux témoignages de sympathie vous sont adressés. Vous progressez assez rapidement vers la démocratie. Votre monarchie est constitutionnelle, vous l’avez rappelé, elle avance vers un parlementarisme pour lequel, certes, vous devez encore trouver un équilibre.

Nous vous faisons confiance. Le Maroc a démontré ces dernières années qu’il savait agir et qu’il était peut-être un espace de référence. Vos travaux législatifs vont se poursuivre, car effectivement, il reste encore beaucoup à faire.

Puisque les amis peuvent parler librement, j’irai plus loin en évoquant le moratoire sur la peine de mort qui date de 1993. Certains tribunaux prononcent encore des condamnations à la peine capitale. Vous avez là un acte symbolique très fort à accomplir : abolir la peine de mort.

La stabilité du Maroc est une réalité essentielle. Je ne doute pas que vous apporterez très rapidement les réponses politiques et sociales à quelques profonds problèmes comme l’illettrisme ou le chômage des jeunes diplômés.

Le Maroc est engagé sur la bonne voie, et nous en sommes heureux.

J’évoquerai aussi la question du voisinage. Nous avons parlé du Maghreb qui est essentiel de par son positionnement géostratégique. La semaine prochaine je me rends au Maroc pour la commission des affaires étrangères française pour laquelle j’ai rédigé un rapport. Le Maghreb est posé sur le continent africain qui est sans doute le continent du 21e siècle. Sa position charnière sur l’axe Nord-Sud et sur la transversale méditerranéenne occidentale lui donne un rôle pivot à jouer.

L’union de ces trois Etats sera une force pour vous et pour nous. La raison devra dépasser toutes les stratégies. Je n’ai plus le temps d’évoquer le conflit oublié et gelé du Sahara occidental pour lequel il faut pourtant trouver une solution. L’intégration régionale est un vœu ; pour vous c’est une perspective d’avenir.