Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe

SESSION ORDINAIRE DE 2016

COMPTE RENDU de la vingt-neuvième séance

Lundi 10 octobre 2016 à 15 heures

Questions à M. le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe


Mme DURRIEU (France), porte-parole du Groupe socialiste – Alep, ville martyr au cœur de la tragédie syrienne… On parle de crimes de guerre. Devant les ruines d’Alep, c’est la conscience internationale qui est interpellée.

Ma question est donc la suivante : tout est-il bloqué après le veto opposé par les Russes au projet de résolution déposé par la France au Conseil de sécurité des Nations Unies ? Comment sortir de l’impasse avec la Russie, car le dialogue se referme avec ce pays ? Une issue diplomatique est-elle encore possible ?

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Questions d'actualité au Gouvernement

Mardi 4 octobre 2016 - Séance publique au Sénat

Question de Mme Josette Durrieu sur la situation à Alep


M. le président. La parole est à Mme Josette Durrieu, pour le groupe socialiste et républicain.

Mme Josette Durrieu. Ma question s’adresse à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international.
Alep, « ville martyre », sous un déluge de feu : un hôpital détruit par des armes anti-bunker ; l’utilisation d’armes chimiques et de barils de chlore… Il y a encore 300 000 survivants et 100 000 enfants affamés et enfermés. On ne sort pas d’Alep ! Alep est « au cœur de la tragédie syrienne ». Au-delà des mots « barbarie » et « crime de guerre », la trêve est rompue et les Occidentaux ne réagissent pas. Les ruines d’Alep sont aussi celles de la conscience internationale.
Voir la Vidéo - (17.17.10 à 17.21.36)

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APCE Session Ordinaire de 2016

Compte rendu de la vingtième séance

Mercredi 22 juin 2016 à 10 h 00

Le fonctionnement des institutions démocratiques en Turquie


Mme DURRIEU (France), porte-parole du Groupe socialiste
Merci aux corapporteurs. La tâche n’est pas facile. La Turquie est un grand pays. C’est une grande puissance historique, et le peuple turc est un grand peuple. Nous sommes d’accord, les uns et les autres, pour le rappeler en permanence. La Turquie est effectivement membre fondateur du Conseil de l’Europe, temple des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit. La situation à laquelle nous sommes confrontés n’est pas facile à analyser.

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APCE - SESSION ORDINAIRE DE 2016

COMPTE RENDU de la vingtième séance

Lundi 20 juin 2016 à 15 h 00

Débat libre 

Mme DURRIEU (France)À Paris, le 3 juin dernier, s’est tenue une réunion internationale, une initiative pour la paix au Proche-Orient, pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien aussi, parce qu’il ne faut pas l’oublier.

Cette initiative réunissait les représentants de 28 Etats. La plupart des ministres des Affaires étrangères étaient présents, ceux du Quartet – qui existe encore, avec sa feuille de route –, les partenaires arabes – l’Initiative de paix arabe de 2002 étant toujours d’actualité – ainsi que des représentants de pays du Conseil de sécurité de l’Onu, dont John Kerry. Les dirigeants palestiniens et israéliens n’avaient pas été conviés à cette réunion.
 

L’objectif était de réaffirmer que la solution négociée est la seule réponse et la création de deux Etats l’unique moyen de parvenir à une paix durable. Il convient donc de rétablir le dialogue et de ne cesser de dénoncer ce statu quo qui conduit à l’occupation de la Palestine par Israël, à sa colonisation.

Il s’agit de créer un nouveau climat international, car aucune conférence internationale ne s’est tenue sur le sujet depuis celle de 2007 à Annapolis. Il est temps de renouer le dialogue et de relancer les discussions. Il faut remobiliser la communauté internationale, à commencer par nous, ici, prioritairement.

Les Palestiniens soutiennent cette démarche.

J’ai entendu l’intervention de M. Bernard Sabella, député de Jérusalem Est. Naturellement, nous invitons les Palestiniens à faire en sorte que leur peuple se réconcilie. Nous devons leur dire qu’il faut réunifier la Cisjordanie et Gaza, et organiser ces élections que nous attendons tous. S’il est facile de le dire, comment réorganiser tout cela ?

Les Palestiniens sont favorables à des discussions internationales, mais pas les Israéliens, du moins pas M. Netanyahou. Il préfère les négociations directes, celles-là même qui, jusqu’à présent, n’ont débouché sur rien. Bref, l’objectif est d’organiser une conférence internationale à l’automne pour lancer une dynamique pour la paix.

C’est un appel que je lance : mobilisons-nous pour la paix. Car le Moyen-Orient, c’est la Syrie, mais c’est aussi et toujours le conflit israélo-palestinien.

  Mardi 21 juin 2016 à 15 h 30

Débat : Les femmes dans les forces armées : promouvoir l’égalité, mettre fin aux violences fondées sur le genre, rapporteur Mme Blondin

Mme DURRIEU (France) – Chère Maryvonne, il fallait un courage certain pour se saisir d’un tel sujet, auquel d’autres n’avaient peut-être même pas pensé. J’aimerais reprendre à mon compte et avec mes propres termes une très belle phrase qui figure dans le rapport : pourquoi les femmes n’auraient-elles pas le droit de servir leur pays au même titre que les hommes ? 

C’est ce droit, légitime, qu’il faut défendre et que les femmes peuvent revendiquer. Un tel engagement personnel, civique, patriotique est suffisamment grand et noble pour imposer le respect aux hommes. Il est assez banal de l’énoncer, mais nous savons que les femmes sont fortes. L’homme était le guerrier, les femmes le repos, mais nous n’allons pas nous en satisfaire. Les femmes sont fortes et elles le prouvent dans les moments extrêmement difficiles, en particulier pendant la guerre. Ainsi, en France, pendant la Première Guerre mondiale, tandis que les hommes étaient dans les tranchées, les femmes se sont emparées des usines et ont fait fonctionner les chaînes de fabrication des canons. La même chose s’est produite en 1939 et 1940. 

Quant à la participation des femmes françaises à la Résistance – je suis la fille de l’une d’entre elles –, ce fut un grand moment ; on ne mettait en question ni leur rôle ni leur autorité, qui émanaient du moment historique et de leur action. Elles ont d’ailleurs été récompensées par l’octroi du droit de vote en 1946. Sur ce sujet, je ne peux ne pas évoquer les femmes kurdes, ces guerrières, ces amazones. Elles représentent peut-être l’exemple extrême de femmes engagées dans un combat : elles donnent toute leur vie, puisqu’en s’engageant elles renoncent du même coup au mariage et donc aux enfants. Elles sont en pointe de la guerre contre Daech, et il existe même des corps entièrement féminins. Ce sont les femmes kurdes qui ont repris Kobané. Elles sont aux avant-postes depuis janvier 2014. Leur rôle est d’autant plus particulier que, pour les combattants de Daech, lorsqu’un homme est tué par une femme, le paradis lui est fermé. 

Tout cela, en définitive, relève dans nos pays de la symbolique, car l’armée est un secteur particulièrement symbolique. Au sein de l’armée professionnelle – tout ce que l’on a entendu à cet égard est juste –, le harcèlement et les autres formes de harcèlement sont insupportables. Il faut les dénoncer. Oui, il faut légiférer dans ce domaine. Oui, il faut que les femmes puissent accéder à tous les postes de responsabilité. La vérité première de ce combat nous est donnée par Nadiia Savchenko : elle était pilote, elle voulait combattre, elle voulait occuper des postes de responsabilité et elle disait que pour cela, même s’il fallait marcher 5 kilomètres, elle le ferait. Aussi, j’ai envie de dire aux femmes : battons-nous. La parité et les quotas ne suffiront pas : rien ne remplacera notre combat pour avoir des postes, que ce soit dans l’armée, en politique ou dans n’importe quelle branche du marché du travail. Il ne faut pas compter sur les autres ou sur les mesures incitatives, si indispensables fussent-elles. 

Dans certaines institutions symboliques, la parité devrait être systématique – je pense notamment aux Casques bleus de l’Onu, qui sont une vitrine extraordinaire, ou encore aux opérations extérieures. Je dirai, pour finir, que l’armée est sans doute l’espace le plus difficile à conquérir. C’est un dur combat. Et, tout à coup, je me souviens que je siège, au Sénat français, à la commission de la défense, dont je suis vice-présidente. Certes, ce n’est pas l’armée, mais j’ai l’impression d’avoir un sacré combat à mener. Merci encore, pour finir, à la rapporteur.

   

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