Article de Presse

Josette Durrieu fait sa rentrée

Avant de partir en mission en Moldavie jusqu'à vendredi, la sénatrice Josette Durrieu a tenu à s'exprimer sur la situation du pays, les «affaires» et sur la réforme territoriale.

Josette Durrieu, le moral des Français est au plus bas. Vous, élue socialiste, donnez-nous des raisons d'espérer et de croire encore en ce gouvernement...

Quand on a autant de chômeurs, autant de personnes qui vivent dans la précarité, le moral ne peut pas être bon. Par ailleurs, on le sait, les Français ne sont jamais optimistes. Si on vit la relance économique en France et en Europe, cette reprise créera des activités et des emplois, le moral reviendra et on se reprendra à croire. Nous aspirons tous à cela.

Que pensez-vous des affaires «Thévenoud» et autres qui touchent le Parti socialiste ?

Dans l'affaire Thévenoud, j'ai été sidérée. C'est à la fois moins grave que certaines autres affaires, mais pire que tout, chaque Français paye ses impôts. Est-ce qu'à partir de ce cas, on peut dire «tous pourris» ?

Que dire alors des affaires sur l'autre banc qui relèvent d'un système et d'une organisation en bande qui nourrissent des partis et des politiques. C'est toujours de la malhonnêteté, mais à une autre dimension.

Et le livre sur François Hollande de sa compagne ?

J'ai la nausée. La société est malade, et pas seulement la classe politique. On a perdu tous nos repères. Le PS n'y échappe pas. Le mot socialiste, qui signifie priorité sociale, restera, mais la pensée sociale perd de sa substance. Elle est parfois en décalage avec les réalités du XXIe siècle dans le monde de l'entreprise.

Ne pensez-vous pas que ce gouvernement tape trop sur «les classes moyennes», les gens qui se lèvent tôt et travaillent dur ?

Cette population supporte l'essentiel de l'impôt. Cela paraît injuste, tout en étant incontournable. La réponse est dans l'impôt modéré, équilibré et progressif.

Ne faudrait-il pas d'abord remettre tout le monde au travail quand on voit le nombre d'emplois non pourvus par exemple?

Mettre tout le monde au travail ou que chacun ait un travail, c'est l'objectif prioritaire. Il faut créer les conditions pour que le nombre d'emplois et les activités économiques et industrielles puissent reconquérir le terrain. Le pacte de responsabilité est une réponse.

Les entreprises, et notamment les grandes, doivent être citoyennes et s'engager à fond. Les Français l'attendent.

Certains domaines d'activité doivent être explorés au maximum : il faut explorer les domaines d'activité porteurs : l'aéronautique pour les Hautes-Pyrénées avec 6.000 emplois non satisfaits en Midi-Pyrénées.

À titre personnel, quels sont vos projets et ambitions ?

Je n'ai aucune ambition personnelle. Je veux faire aboutir les projets concrets que je porte sur le terrain.

Lors de cet entretien, Josette Durrieu n'a pas souhaité s'exprimer et en dire plus sur sa position au conseil général des Hautes-Pyrénées, sur les relations PS-PRG dans le département ou encore sur son avenir politique.


«L'intercommunalité c'est la proximité»

Venons-en à la réforme territoriale. Que pensez-vous de la dernière mouture ?

On pense cette réforme depuis plus de cinq ans. Un vrai projet de territoire global et cohérent est nécessaire. C'est ce qui est proposé.

Le tohu-bohu autour du département a occulté ce projet territorial. Les métropoles se mettent en place. La superposition ville-agglomération-département-région ne donnait ni unité ni force. Les régions devaient trouver leur taille critique. Elles sont l'axe économique central et seront le chef de file des autres collectivités. L'intercommunalité est implantée et c'est la proximité. Le seuil de population en zone rurale doit être inférieur à 20.000 habitants. Le département est l'espace intermédiaire entre métropole et intercommunalité.

Le département se positionne dans l'espace intermédiaire entre métropole et intercommunalité. C'est l'espace le plus vaste. Reste à savoir ce que seront les compétences et la gouvernance. C'est le débat.

Dans quelles régions souhaitez-vous que notre département soit intégré ?

Je souhaite que les Hautes-Pyrénées restent en Midi-Pyrénées - Languedoc-Roussillon. Notre pôle d'attractivité, c'est Toulouse, l'une des capitales mondiales de l'aéronautique, et demain, c'est «l'Europe, la Méditerranée, le Maghreb et l'Afrique» qui sera l'axe du XXIe siècle. Que le Béarn vienne avec les Hautes-Pyrénées, c'est pertinent. Mais pour s'intégrer en Midi-Pyrénées.

Souhaitez-vous la disparition des conseils généraux ?

Je pense que les conseils généraux d'aujourd'hui risquent de disparaître. 2015-2020 sera une transition. La gouvernance future pourrait être une organisation nouvelle associant les présidents d'intercommunalité et les conseillers régionaux. C'est la proximité et la proximité du département avec la région.

   

APCE Compte rendu session 2014

(Quatrième partie)

 

COMPTE RENDU

 

de la vingt-neuvième séance

 

Lundi 29 septembre 2014 à 15 heures
 

 

1-      Rapport d’activité du Bureau et de la Commission permanente

Observation de l’élection présidentielle en Turquie (10 août 2014)

Mme DURRIEU (France) – Incontestablement, Recep Tayyip Erdoğan a gagné l’élection présidentielle turque au premier tour. L’année dernière, son parti avait remporté les élections locales. Toutefois, l’AKP a fait moins de 52 % au premier tour, ce qui prive le Président turc d’une majorité suffisante au Parlement pour modifier la Constitution ou procéder à un référendum constitutionnel. L’opposition, qui obtient moins de 40 % des voix, a perdu. Quant au candidat kurde, devenu très populaire, il n’atteint pas les 10 % : la question du fameux seuil de 10 % que doit obtenir un parti politique pour être représenté au Parlement turc se pose à nouveau.

Je salue la nomination du nouveau Premier ministre de la Turquie, président de l’AKP, Ahmet Davutoğlu, ainsi que celle du ministre des Affaires étrangères, notre ancien collègue Mevlüt Çavuşoğlu. Si la Turquie est bien une démocratie et si de nombreuses réformes y ont été engagées, il reste malgré tout en toile de fond le problème récurrent des arrestations, des procès et des droits de l’homme non respectés, et cette force occulte que constitue le mouvement Gülen.

En 2015, les élections législatives qui auront lieu marqueront une ultime étape pour le Président Erdoğan. Ce sera aussi pour nous le moment de faire le point sur la situation de ce pays.

Quant à Daesh, dont nous venons de discuter en commission politique, je voudrais dire qu’il ne s’agit pas d’un Etat, mais d’un mouvement islamiste. Toutefois, et je m’adresse aussi à la Turquie, soyons prudents dans l’utilisation des mots. La Turquie a joué un jeu dangereux dans le passé en favorisant la naissance de ce mouvement, notamment le soutien logistique de celui-ci. Elle continue de laisser passer de jeunes recrues en provenance d’Europe, du Maghreb et d’Asie centrale. Trois de ces jeunes sont revenus en France la semaine dernière. Ils devaient prendre à Istanbul un avion pour Paris, mais le pilote a refusé de les embarquer. Ils ont atterri à Marseille, où personne ne les attendait. Comment expliquer un tel loupé ? Pourquoi une telle confusion ?

De toute évidence, certains ne veulent pas voir émerger en Turquie une démocratie laïque. En outre, dans cette zone du Moyen-Orient, les Kurdes sont aux avant-postes du combat contre Daesh et certains craignent qu’ils ne forment un Etat en Irak ou qu’ils occupent une région de la Syrie. Pour la Turquie, la question kurde constitue un enjeu important. J’espère que les avancées positives de ces dernières années dans ce domaine ne seront pas compromises.

 

2-      Débat libre

Mme DURRIEU (France) – Je parlerai de la Moldova, où je me trouvais la semaine dernière, mais je pense que c’était aussi le cas des rapporteurs. Je voudrais poser trois problèmes.

Tout d’abord, la Moldova, la Géorgie et l’Ukraine ont signé un accord d’association avec l’Union européenne, courageusement, dirai-je. Au prix de combien de pressions, au risque de combien de sanctions ne l’ont-elles pas fait ! Il faut maintenant que nos Etats respectifs ratifient cet accord. Certains l’ont fait, mais d’autres non. Il est important que nous accompagnions politiquement cette première démarche accomplie. L’adhésion à l’Union européenne reste une perspective.

Je veux le rappeler : cette adhésion est soutenue par une coalition qui regroupe à peu près tous les partis, sauf le Parti communiste, et ce depuis trois ans. Certes, l’existence de cette coalition est précaire, mais elle est bel et bien une réalité. Cette stabilité atteste d’une maturité politique importante. Dans quelques jours, le 30 novembre, des élections législatives auront lieu. Ce sera vraiment un moment politiquement important. Ensuite, nous pourrons peut-être revoir la question du monitoring politique de ce pays, monitoring que j’ai porté pendant plus de dix ans.

Ma troisième remarque concerne l’inquiétude que peuvent sans doute éprouver les Moldaves à la lumière des événements d’Ukraine. Ils sont doublement concernés. D’une part, la Transnistrie, ce conflit gelé depuis vingt ans, c’est chez eux ! Ils savent ce que c’est de voir les Russes s’installer dans l’est de leur pays et ne pas repartir, malgré les pressions de la communauté internationale. J’y étais, la semaine dernière : tout est calme, rien à voir avec ce que ce fut il y a vingt ans. D’autre part, j’appelle votre attention sur la Gagaouzie. Des autorités légitimement mises en place, pro-russes, pro-transnistriennes se disent disponibles si – ce n’est pas de la fiction, c’est de l’anticipation – la Russie voulait boucler une boucle à l’ouest, et considérer que la Transnistrie est reliée à Odessa et à la Gagaouzie.

  C’est un danger, je livre donc ce problème à votre réflexion.
   

APCE Compte rendu Session 2014

SESSION ORDINAIRE DE 2014

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(Troisième partie)

COMPTE RENDU

de la vingtième séance

Lundi 23 juin 2014 à 16 heures


Débat libre

Mme DURRIEU (France) – L’Irak connaît actuellement sa quatrième guerre depuis trente

ans. La dernière, en 2003, a opposé les Etats-Unis et le Royaume-Uni à Saddam Hussein.

Aujourd’hui s’affrontent les sunnites et les chiites. Peut-être observe-t-on aussi une lutte,

à l’intérieur de la famille sunnite, contre l’Etat islamique d’Irak et du Levant. Ces conflits

cristallisent la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Entre ces deux puissances régionales,

s’interposent à présent l’EIIL, nébuleuse djihadiste, et le fantasme du khalifat.

On peut en tirer certains enseignements. Le changement de régime par la force ne conduit

pas nécessairement à la démocratie. Une oppression peut en remplacer une autre. Les

clivages interconfessionnels génèrent le chaos et des acteurs hétérogènes, jusque-là opposés,

peuvent se retrouver sur une même problématique : l’Irak vs l’Iran, l’Iran vs les Etats-Unis,

la Syrie vs la Turquie, la Russie vs l’Europe et même l’Arabie saoudite. L’absence d’unité

et de solidarité fait que les Occidentaux se retrouvent interpelés, alors qu’ils ne sont pas

responsables de tous les maux.

Face à l’urgence de cette situation, nous devons nous poser plusieurs questions

fondamentales. Est-ce le moment de redéfinir l’ordre mondial ? Faut-il rendre leur place

à l’Irak et à la Syrie, et identifier le conflit israélo-palestinien comme le nœud gordien ?

Mesurons-nous le risque que représente le terrorisme international, qui gagne du terrain ?

L’arc djihadiste s’étend du Sahel à l’Afghanistan, et le chaos s’installe.

Sommes-nous en mesure d’organiser la lutte non par la force, qui ne résout pas tout, mais

aussi sur le plan judiciaire ou financier ? Les djihadistes ont des bailleurs de fonds et gèrent

d’immenses trafics internationaux. Ils reçoivent des rançons. Ils possèdent du pétrole. Ils

maîtrisent les nouvelles technologies.

L’organisation d’une conférence internationale s’impose. Le président de la délégation turque

l’a d’ailleurs demandé. Deux points pourraient être évoqués pour ouvrir le débat : la sécurité

collective et la garantie des frontières pour tous les Etats. Une prise en conscience immédiate

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Conférence-débat

"Le développement économique du Maghreb : quel rôle pour la France et l'Europe?"

Conférence-débat au Palais du Luxembourg en partenariat avec IPEMED - 8 juillet 2014

A l’occasion de la publication du rapport d’information « S’engager pour le développement du Maghreb : un défi, une obligation », coordonné par les sénateurs Josette Durrieu et Christian Cambon, IPEMED, avec le soutien du Sénat, a organisé un débat, le mardi 8 juillet autour de la thématique : «Le développement économique du Maghreb : quel rôle pour la France et l’Europe ?» 
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 http://www.ipemed.coop/fr/evenements-r18/seminaires-colloques-c135/seminaires-colloques-sc208/conference-debat-le-developpement-economique-du-maghreb-quel-role-pour-la-france-et-l%E2%80%99europe--a2304.html

   

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