SENAT - DEBAT EN SEANCE PUBLIQUE

Mercredi 8 juin

Débat en séance publique au Sénat

Sanctions de l'Union européenne à l'encontre de la Fédération de Russie

Adoption d’une proposition de résolution européenne dans le texte de la commission modifié

Mme Josette Durrieu, rapporteur de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, les sanctions européennes ont été une manifestation indispensable de la fermeté des États membres de l’Union européenne. Ceux-ci ont su se montrer unis sur cette question, d’abord autour de l’initiative de la France, de l’Allemagne et de la Pologne pour tenter d’arrêter le conflit, puis avec la mise en place du format « Normandie » afin d’élaborer les accords de Minsk.
Les sanctions étaient de fait le seul instrument dont nous disposions pour réagir aux violations graves du droit international, touchant à la souveraineté et à l’intégrité d’un État, commises par la Russie après l’annexion de la Crimée. C’était les sanctions, la guerre ou rien !

Nous n’approuvons pas le texte adopté à l’Assemblée nationale au mois d’avril dernier.
L’efficacité des sanctions n’est que relative, mais celles-ci ont permis un premier cessez-le-feu, qui n’a pas duré, un nouveau cessez-le-feu entré en vigueur le 1er mai dernier, une désescalade – l’expansion des séparatistes à l’est de l’Ukraine a été arrêtée –, la progression du retrait des armes légères, le rétablissement du paiement des pensions, les échanges de prisonniers ; tout le monde a en tête la libération, le 25 mai dernier, de la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko.
Cependant, ces sanctions n’ont pas permis de progresser dans le sens du règlement du conflit et de la pleine mise en œuvre des accords de Minsk. La situation sécuritaire demeure fragile. Il reste encore beaucoup à faire. Le déminage est un problème majeur, tout comme le retrait des armes lourdes. Mais, et c’est sur ce point qu’il faut insister, le volet politique des accords n’avance pas. La responsabilité en incombe à parts égales à la Russie et à l’Ukraine.

Les accords de Minsk prévoyaient deux réformes institutionnelles en Ukraine : la révision constitutionnelle relative à la décentralisation, laquelle n’a été adoptée en première lecture que par la Rada, et le statut spécial pour les territoires de l’est, lequel, s’il a été adopté définitivement le 16 septembre 2015, n’est pas entré en vigueur.
Les élections locales à l’est ne peuvent pas se tenir, du fait, en partie, de l’opposition des séparatistes : ces derniers refusent la composition actuelle de la commission électorale, la participation des partis ukrainiens et des médias ukrainiens, ainsi que le vote de 1,5 million de réfugiés. La situation est incontestablement bloquée.

En conditionnant la levée des sanctions à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk, le dispositif ne permet pas d’enclencher une quelconque dynamique susceptible d’ouvrir le dialogue et de conduire au règlement du conflit. La proposition de résolution que nous examinons aujourd'hui, laquelle reprend le rapport d’information d’octobre 2015 rédigé, au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, par Robert del Picchia, Gaëtan Gorce et moi-même et intitulé France-Russie : pour éviter l’impasse, vise à trouver la voie de la reprise d’un dialogue avec la Russie, notamment avec les parlementaires.

C’est par la voie du dialogue parlementaire rétabli et donc de la levée des obstacles que constituent les sanctions individuelles – et seulement les sanctions individuelles – visant les parlementaires russes – et seulement les parlementaires russes – que nous pourrons progresser. Précisons tout de même que les sanctions diplomatiques ne sont pas liées aux accords de Minsk.

En conclusion, nous réaffirmons notre attachement indéfectible aux principes d’intégrité, de souveraineté et d’indépendance des États, qui sont le fondement de l’ordre international. Nous condamnons l’agression de l’Ukraine par la Russie et l’annexion de la Crimée, mais nous pensons que c’est par le dialogue rétabli – en premier lieu entre parlementaires – que nous pourrons trouver le chemin de la paix (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain, ainsi que sur certaines travées de l'UDI-UC et du groupe Les Républicains.)

   

Vidéo

Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat

mercredi 9 mars 2016

Dialogue stratégique de haut niveau franco-russe


Voir la vidéo en cliquant sur le lien ci-dessous : 
http://videos.senat.fr/video/videos/2016/video31979.html

Intervenant(s) russes :
  • ALEXANDROV Alexey (premier vice-président du Comité de la législation constitutionnelle et de la réforme d'Etat du Conseil de la Fédération, membre du groupe de la coopération du Conseil de la Fédération de l'Assemblée Fédérale de la Fédération de Russie avec le Sénat de la République Française), 
  • DIDIGUOV Moukharbek (vice-président du Comité de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération, membre du groupe de la coopération du Conseil de la Fédération de l'Assemblée Fédérale de la Fédération de Russie avec le Sénat de la République Française), 
  • GEKHT Irina (menbre du groupe de la coopération du Conseil de la Fédération de Russie avec le Sénat), 
  • KOSSATCHEV Konstantin (chef de la délégation, président du Comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération, président du groupe de la coopération du Conseil de la Fédération de l'Assemblée Fédérale de la Fédération de Russie avec le Sénat de la République Française), 
  • MAYOROV Alexey (premier vice-président du Comité de la politique économique du Conseil de la Fédération, membre du groupe de la coopération du Conseil de la Fédération de l'Assemblée Fédérale de la Fédération de Russie avec le Sénat de la République Française)

Mme Durrieu présidait la section : "la situation en Syrie et au Moyen-Orient"

   

OUI à la grande agglomération TARBES-OSSUN-LOURDES

                 Oui, à la grande agglomération Tarbes-Ossun-Lourdes

Non, l’existence du Département n’est pas compromise !

C’est une volonté majoritaire qui l’a préservé et son avenir n’est pas menacé. Cette rengaine a trop duré…
A l’évidence, entre la grande région et l’intercommunalité il fallait maintenir cette collectivité intermédiaire dont l’existence est inscrite dans la Constitution.
Par contre sa Gouvernance peut évoluer. Force est de constater que se superposent deux catégories d’Elus… les Présidents des nouvelles grandes intercommunalités et les Conseillers Départementaux. On peut simplifier.

Non… l’existence d’une grande agglomération Tarbes-Ossun-Lourdes ne compromet pas l’existence du Département des Hautes-Pyrénées !
Au contraire, elle la conforte.

C’est l’absence d’organisation structurant cet espace pertinent de 125 000 habitants, « vrai bassin de vie », qui fragiliserait le Département et diluerait son existence au fin fond de la région Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées… Affirmons donc, l’existence de cette unité et sa force.

Nous sommes tous des ruraux…

L’ensemble du Département des Hautes-Pyrénées est catalogué « espace rural », alors même que les activités industrielles et touristiques sont dominantes.
La ruralité n’est pas l’ADN exclusive d’une formation politique !! La preuve en est que nous défendons tous ce monde rural où nous vivons. Certains d’ailleurs le font plus que d’autres en développant des activités diverses et mêmes innovantes… pour créer des emplois et fixer la population jeune.

Mais l’espace rural n’est pas un monde clos, il vit d’interaction sociale et économique. Il faut « l’ouvrir », fédérer les efforts et les moyens… et mettre sur les rails les locomotives nécessaires pour conduire une dynamique.

  Le Département des Hautes-Pyrénées a trois atouts majeurs :

Lourdes (lieu de culte mondialement connu, avec 3 à 5 millions de touristes, pèlerins et visiteurs par an ; deuxième parc hôtelier de France après Paris) l’aéroport international TLP (Tarbes Lourdes Pyrénées), sur Ossun (deuxième aéroport Charter de France) et son potentiel universitaire. Avec Tarbes, Lourdes, Ossun, cette trilogie T.O.L. constitue un « vrai bassin économique et humain  » et l’espace pertinent où se sont déjà développés Pyrénia (juillet 2005) et Tarmac. La preuve qu’il y a une logique à ce rapprochement qu’ont soutenu le Conseil Général et la Région Midi-Pyrénées. L’aéronautique est une carte gagnante et Toulouse une capitale mondiale.

  Alors ?... c’est sur cet espace concentré et dans cette direction qu’il faut poursuivre.

Tarbes-Ossun-Lourdes… c’est le noyau dur et le point lumineux qui peut éclairer l’avenir de notre département.

 Pour les autres…

Même si la Réforme de l’intercommunalité bouscule nos habitudes et me dérange aussi, il faut se mettre au travail avec des partenaires nouveaux et trouver les dynamiques qui accompagneront les projets de ces territoires.

   

Jumelage Lourdes Bethléem

lasemainedespyrenees.fr • Jeudi 3 mars 2016

Les dessous du Jumelage entre Lourdes et Bethléem


Le jumelage entre Lourdes et Bethléem a été finalisé mardi en Palestine en présence notamment
de Josette Bourdeu, maire de Lourdes et Josette Durrieu, Sénatrice des Hautes-Pyrénées.
Un aboutissement pour Josette Durrieu, qui s'est battue pendant plus de 10 ans avec son ami Bernard Sabella, député de Bethléem, pour arriver à un tel accord.

La Semaine : Depuis combien de temps vous battez-vous pour concrétiser un jumelage entre Lourdes et Bethléem ?

Josette Durrieu : Ce rapprochement entre Lourdes et Bethléem, je le souhaite depuis plus de 10 ans que je vais en Palestine et en Israël au titre de mes différentes fonctions en tant que membre et vice-présidente du groupe d'amitié France Palestine et France - Israël au Sénat, et présidente jusqu'à cette année de la commission Moyen-Orient du Conseil de l'Europe. Je n'oublie jamais que je viens des Hautes-Pyrénées et je n'oublie jamais quand je suis à Jérusalem ou à Bethléem que Lourdes fait partie intégrante du territoire que je représente. Lourdes et Bethléem sont deux grands sites religieux du Christianisme et du culte marial. Pour ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n'y croyaient pas :c'est une réalité... très forte. Et pour des laïques convaincus, dont je suis, la tolérance c'est le respect de l'autre et de ses croyances... en respectant «une prise de distance». Mais la réalité est aussi économique.
Et elle est également forte ! Lourdes est un pôle mondial de reconnaissance de la France et à plus forte raison des Hautes-Pyrénées. Conservons cette notoriété. Varions les activités. Le parc hôtelier est un équipement majeur pas seulement pour les pèlerins et les touristes... Mais aussi «les congressites». Où est la salle de congrès qui serait si opportune ?
Je trouve invraisemblable que l'on ne puisse pas se mobiliser autour de Lourdes.
Je suis fière de Lourdes lorsque je suis à l'étranger, je suis inquiète lorsque je suis en France. Il aura fallu plus de 10 ans pour rapprocher Bethléem et Lourdes avec mes partenaires et amis de ce territoire.
JosetteBourdeu, maire de Lourdes, a de suite répondu favorablement à ma demande lorsqu'elle a été élue maire et c'est pour cela que le dossier a abouti en si peu de temps. Son prédécesseur y était lui aussi tout à fait favorable mais il n'avait pas engagé les démarches minimums envers son
homologue de Bethléem. Il n'a pas été à la hauteur de ce que l'on attendait de lui.

Pourquoi ce jumelage est-il important ? Il y a bien entendu le côté cultuel, mais en ce qui me concerne, j'y ajoute des intentions fortes qui sont le rapprochement de nos peuples France - Palestine, de notre histoire religieuse, de notre jeunesse et le combat de la France pour la paix au
Moyen Orient. Je n'oublie pas que la France est protectrice des lieux saints. Arafat a su me le rappeler plusieurs fois lors des entretiens que j'ai pu avoir avec lui et notamment après une attaque par les Israéliens sur l'église de la nativité.

Il y a aussi le côté économique. Bethléem,c'est plus de 2 millions de visiteurs par an.
C'est l'un des sites religieux chrétiens les plus visités avec Jérusalem. Le tourisme cultuel à Lourdes, c'est environ 700 000 pèlerins mais selon les événements, c'est 3 à 5 millions de personnes. La fréquentation de Lourdes est en baisse et cela d'une façon dangereuse et redoutable. Il est important d'agir et de réagir à cette baisse de fréquentation. C'est l'affaire de tous.

Ne vous êtes-vous pas découragée ?
Non. Je n'ai jamais pour habitude de baisser les bras. On y est arrivé pour plusieurs raisons. Il y a eu tout d'abord ma persistance à proposer ce jumelage à tous les maires de Bethléem que j'ai rencontrés.L'idée a suivi son chemin jusqu'à finir par aboutir. J'ai eu aussi la chance pendant 5
ans d'avoir au Conseil de l'Europe comme collègue au quotidien le député chrétien palestinien, de Jérusalem Est, Bernard Sabella, qui lui aussi a cru en ce projet. Lors d'une rencontre à Bethléem en octobre2014 où j'étais accompagnée de Marie, ma petite-fille, Bernard et moi avons décidé
que nous foncions. Lui était avec sa fille.Nous avons dit quelles seraient les marraines.
Nous ne savions pas que nous y arriverions.
Nous sommes allés voir le consul général et nous en avons informé toutes les autorités palestiniennes. Véra Baboum, maire de Bethléem, qui est une très forte personnalité, a dit oui tout de suite. Elle a répondu favorablement à cette proposition comme l'avait accepté Josette
Bourdeu. Et c'est ainsi qu'au mois de mai de l'année dernière, a eu lieu à Lourdes en présence de Véra Baboun une première rencontre.
Que peut apporter ce jumelage entre les deux villes ?
Cela doit permettre de développer le tourisme et ses activités dérivées. Le tourisme religieux et cultuel en premier lieu mais aussi le tourisme en général, première activité économique des Hautes-Pyrénées en termes de chiffres d'affaires. Le tourisme religieux fait de Bethléem et de la Palestine un État aussi puissant en termes d'attractivités économiques et financières que le
Vatican. Cela doit permettre aussi de développer les moyens de transport (liaisons avions et charters notamment). Il doit aussi permettre de rapprocher nos peuples et notamment notre jeunesse. Cela va aussi permettre des rencontres de cultures différentes (musique, art, poésie...), cela peut aussi déboucher sur la création d'un festival, la célébration d'événements (fêtes
religieuses, anniversaires, pèlerinages...), la création d'un site internet commun mais aussi des projets pédagogiques (écoles, échanges, vacances...). Cela peut aussi permettre de lancer une coopération technique et un échange d'expérience autour de thématiques comme l'eau (potable,
l'irrigation) et l'écologie (entretien et protection de l'environnement, gestion
des déchets).

Comment réagissez aux difficultés que rencontrent Lourdes ?
Je les redoute. Lourdes est un pôle sûr et fort. Lourdes et l'aéroport sont les deux piliers
de l'économie des Hautes-Pyrénées avec Tarbes en 3ème position. Heureusement que par d'autres ont été créées les structures universitaires. On ne peut que regretter que Tarbes ne s'affirme pas comme pôle économique. Ça dure. Moi, je n'arrête pas de le dire et cela ne me vaut
pas que des amis. Si on passe à côté de la réalisation de la grande agglomération, on sera passé à côté et on n'y reviendra pas de sitôt. Certains sont toujours là pour passer à côté des grandes occasions. Leur responsabilité est engagée.
Il faut aider Lourdes au maximum et avec toutes les forces politiques du moment.

Patrick Sacristan


Repères
Bethléem est située en Cisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte 30 000 habitants, essentiellement des Palestiniens musulmans.
La ville compte une petiten communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Son agglomération s'étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour.
La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l'appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d'Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C'est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d'un
lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l'entrée de la ville.
Depuis 1995, aux termes des accords d'Oslo, la ville est sous administration de l'Autorité
palestinienne.

   

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